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Pourquoi vous perdez du temps lorsque vous essayez des produits sur des bouts de parcelle.

Mis à jour : févr. 8

Pour une nouvelle méthode de "l'essai” dans les exploitations agricoles.


Lorsque nous abordons la phytothérapie, beaucoup me demandent si nous pouvons mettre en place des essais, c’est-à-dire diviser une ou plusieurs parcelles en plusieurs morceaux et y appliquer différentes modalités. Ce à quoi je réponds ne pas y être du tout favorable. Est-ce un aveu de faiblesse quant à la qualité de mon conseil et des solutions que je prône? Non. C’est juste le constat d’une perte de temps et d’un retour qui s'annonce décevant pour eux comme pour moi.


Pourquoi.


Tout d’abord parce que les agriculteurs ne sont pas des laboratoires ni des centres d’essais, ils ont un métier exigeant qui est déjà prenant et qui demande de gérer beaucoup de priorités. Pour tenir différentes modalités surtout en termes de traitement, il faut avoir du temps disponible et des personnes responsables de leur mise en place et de leur suivi. Qui s’occupera de traiter les modalités? Qui fera un suivi? Qui évaluera les résultats?

Malgré son apparence peu engageante, faire un essai en découpant une parcelle en deux demande du temps et de l’argent. Ce n’est pas aussi facile qu’on ne se le représente lorsque l’on réfléchit aux paramètres sur une feuille de papier, à un moment où l’on est pas dans l’urgence.


Ensuite, dans le cas de la phytothérapie, nous parlons de produits de type biocontrôle et biostimulant. Ce sont des produits qui n’ont pas une action on/off sur votre plante. Ces produits n’ont pas une influence tranchée en eux-mêmes, ils en ont une si nous prenons en compte un ensemble de paramètres que nous pourrions suivre un à un:

  • qualité

  • quantité

  • meilleure résistance aux intempéries

  • meilleure résistance aux maladies de surface

  • meilleure résistances aux ravageurs

  • remise en bonne santé plus rapide


Ces paramètres jouent tous à une échelle qui n’est pas forcément détectable à l'œil mais qui demande des mesures. De même, leur efficacité dépend en grande partie de l’ensemble des pratiques, des décisions et du timing qui sera mis en place. Même si cela vous peut vous sembler décevant, nous ne pouvons plus attendre d’un produit seul qu’il résolve un problème qui a sûrement des racines dans une interaction de plusieurs causes.


Alors?


Pour adopter un nouveau produit ou une nouvelle méthode, cela n’empêche pas d’y aller pas et pas et d’en mesurer au fur et à mesure les bénéfices. Vous allez d’abord essayer la méthode, la pratique ou le produit mais non pas en fragmentant votre approche ou en cherchant à mesurer des résultats sur des portions réduites qui ne font pas sens.

Un essai bien mené, c’est d’abord avoir cerné la problématique concernée et ciblé des solutions qui y correspondent. Ensuite, comme dans un coaching, engagez-vous à 100% dedans pour être sûr d’y voir des bénéfices. Vous ne pourrez pas vous prendre de murs si vous êtes bien accompagnés et si vous êtes renseignés des limites et contraintes de la nouvelle méthode ou nouveau produit. L’essai réussi est celui qui s’intégrera dans tous les paramètres de votre exploitation: matériel, humain, la sensibilité liée au milieu, et celle liée à la culture.

Vous ne serez pas obligé de l’appliquer sur la totalité de des cultures en une fois, mais là où vous l'appliquerez vous saurez pourquoi et ce que vous en attendez. Le but n’est pas de montrer que cela fonctionne (les bonnes années) mais comment cela fonctionne et ainsi construire avec vous des repères fiables qui vous permettront de changer peu à peu vos pratiques tout en sécurisant votre récolte. C’est en cela que vous pourrez avoir un avis rapide et fiable sur les changements en cours.

Ne prenez pas des modalités isolées, changez les paramètres de vos pratiques doucement mais de manière intégrée, cohérente, pour constituer un nouvel environnement. L’essai sur une problématique, avec une approche multicritères, en intégrant toutes les sécurités pour éviter le crash, voilà une solution pour tirer le plus de bénéfices dans la mise en place d’un nouveau produit, d’une nouvelle méthode. Il ne s'agit de ne tomber ni dans l'aveuglement têtu qui cherche à démontrer un résultat qui n'est pas là, ni dans un rationalisme scientifique obtus mais de mettre au point une approche terrain, experte, pragmatique.

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