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De la Sélection au Diagnostic parcellaire


La Sélection commence par l’observation. Chacun des plants de la parcelle est regardé pour déterminer lesquels sont les plus représentatifs du cépage, mais aussi les plus sains. La barrière principale à la Sélection reste l’état sanitaire des plants. Ceux qui présentent des symptômes de carences, de virus ou de champignons ne seront pas retenus.


Le risque de dépérissement précoce des plantations est démultiplié si les plants choisis sont porteurs de pathologies avérés. Un plant déjà bien implanté aura assez de ressources pour se maintenir avec l’agent pathogène. Il s’éteindra petit à petit, les grappes deviendront plus petites et compactes. Ce n’est pas en soi un problème pour le domaine. Si ce type de plant assez solide modère la contamination d’un virus ou d’un champignon, celui plus jeune développera les symptômes plus rapidement. Le risque d’un dépérissement précoce devient alors exponentiel.


Au cours du cycle du végétal, il y a peu de moments où l’on distingue clairement les symptômes de virus ou de champignon. On ne le voit pas au moment de la taille et on ne le distingue pas tout à fait à la pousse végétative. C’est lorsque le plant porte la charge de raisins juste avant récolte, qu’il exprime le plus clairement les signes de maladies ou de carences. C’est donc là que la lisibilité est la meilleure et que la Sélection a lieu. Si cette dernière n’est plus possible car l’état sanitaire des plants est délicat alors elle devient diagnostic. Celle-ci va porter sur le potentiel de la parcelle. On ne marquera plus les plants sains, mais au contraire ceux qui montrent les plus forts symptômes de dépérissement. Par exemple, dans le cas de l’Esca, nous prendrons soin de noter les plants qui en sont atteints. Ainsi, au moment de la taille, il seront mis à part pour ne pas propager la contamination. L’observation fine permet d’une part de mettre en place des mesures de prophylaxie. D’autre part, elle aidera à déterminer le potentiel de la parcelle à court, moyen, long terme. Un état sanitaire qui empêche la Sélection ne signifie pas l’arrachage automatique de la parcelle. Au contraire, nous pourrons évaluer les perspective qui se présentent et ouvrir une palette d’options: complantation, surgreffage (sauf en cas d’Esca), soin du végétal pour le soutenir, soin de sol, arrachage, repos de sol. L’observation fine destinée initialement à sélectionner devient un scanner intégral de la parcelle. A partir de ces données concrètes on peut prendre des décisions et planifier ses actions futures.


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