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Conserver et transmettre son terroir par les bois

Mis à jour : 19 oct. 2020



Quand on parle de terroir, on pense rapidement au sol, à l’environnement, aux couches géologiques. On parle de granit, de limons, d’ère glaciaire, de calcaire où les racines des plants vont plonger et d’où ils vont retirer toute la minéralité et typicité.


Cependant, le terroir est fondamentalement interactif. Les éléments qui le composent ne peuvent pas être séparés. Il ne peut y avoir de terroir sans climat, sans géologie, sans savoir-faire. Il ne peut pas non plus y en avoir sans plant. Nous le ressentons quand nous sommes face à des parcelles centenaires qui nous donnent la chair de poule. Elles soulèvent une émotion indescriptible, de respect, d’admiration, presque de culte face à ce végétal insubmersible. Il y a quelque chose de grandiose dans l’archéologie des tailles successives et des troncs majestueux.


Le plant n’est pas seulement un marqueur du temps qui passe, il est aussi le gardien du terroir. Dans ses bois sont imprimés les millésimes, les climats, les plantes environnantes et les interactions aux micro-organismes du sol. Nous n’avons pas besoin d’attendre 100 ans reconnaître les bois comme porteur d’un terroir. A partir d’une vingtaine d’année, les plants sont assez aguerris et individualisés pour exprimer le potentiel qualitatif d’un lieu.


En les observant, en les récoltant, en les reproduisant par greffage, plantation, marcottage, on accentue l’intimité des plants avec leur milieu. On leur permet de continuer à grandir avec l’environnement proche. Bien sûr, certains ne seront plus adaptés. Les changements du milieu auront été trop importants pour que le végétal puisse s’y adapter. Mais, pour ceux toujours en adéquation, accompagner la lente transmission des informations et savoirs accumulés dans le temps est un trésor qui participe à la durabilité d’un domaine et qui renforce son identité. Je lisais récemment ce joli barbarisme “identi-terre”. L’identité dans son lien avec la terre passe par les plants. En les soignant et en les sélectionnant, nous les rendons gardiens de la mémoire d’un milieu et avant-gardes de son évolution.


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